Géométrie céleste
Nœuds lunaires
Deux points fixes de l'orbite lunaire qui contrôlent quand les éclipses peuvent se produire.
Une orbite inclinée de 5 degrés
Si l'orbite de la Lune était exactement dans le plan de l'orbite terrestre autour du Soleil, nous verrions une éclipse solaire à chaque nouvelle lune et une éclipse lunaire à chaque pleine lune. En réalité, l'orbite lunaire est inclinée de 5,14 degrés par rapport à l'écliptique, le plan de l'orbite terrestre. La plupart du temps, la Lune passe donc au-dessus ou en dessous du Soleil dans le ciel, sans le masquer, et son ombre passe au-dessus ou en dessous de la Terre.
Il n'existe que deux points où les deux plans se croisent : le nœud ascendant, où la Lune passe de l'hémisphère sud à l'hémisphère nord de l'écliptique, et le nœud descendant, où elle passe de l'autre sens. Seules les nouvelles lunes et les pleines lunes qui se produisent à proximité de l'un de ces deux nœuds (dans une fenêtre de quelques degrés) peuvent donner une éclipse. C'est la raison pour laquelle les éclipses se produisent par "saisons" : environ deux fois par an, pendant environ un mois, la Terre, le Soleil et la Lune sont suffisamment alignés pour que des éclipses se produisent.
L'alignement parfait est une coïncidence triple : il faut être à la nouvelle lune ou à la pleine lune, et se trouver proche d'un nœud. Quand ces deux conditions se cumulent, nous observons une éclipse ; sinon, la Lune passe au-dessus ou en dessous du Soleil et rien ne se produit.
La précession nodale, 18,6 ans
Les nœuds lunaires ne sont pas fixes dans le ciel : ils tournent lentement, un mouvement appelé précession nodale, qui complète son cycle tous les 18,6 ans. La direction des nœuds change donc chaque année, et avec elle les périodes de l'année où les éclipses sont possibles. C'est ce cycle de 18,6 ans qui détermine, d'une année à l'autre, si nous aurons une année riche en éclipses ou une année plus pauvre.
La précession nodale est l'une des périodes fondamentales du système Terre-Lune, aux côtés de la lunaison (29,5 jours), du mois anomalistique (27,55 jours) et du cycle de Saros (18 ans et 11 jours). L'interaction entre ces périodes, dont aucune n'est un multiple exact des autres, produit la richesse apparente du calendrier des éclipses : chaque année a un profil différent, et les séries se renouvellent sur des cycles longs.
Les tables ci-dessous donnent les dates estimées des passages de la Lune par les nœuds ascendant et descendant pour l'année sélectionnée. Ces dates sont calculées à partir d'une approximation simple (un passage par lunaison, décalage de 27,5 jours), suffisante pour repérer les fenêtres d'éclipses de l'année.
Passages nodaux 2026
Dates estimées des passages de la Lune par les nœuds ascendant et descendant.
| Nœud | Date | Heure |
|---|---|---|
| Ascendant | samedi 31 janvier 2026 | 05:00 |
| Descendant | vendredi 27 février 2026 | 10:00 |
| Ascendant | jeudi 26 mars 2026 | 15:00 |
| Descendant | mercredi 22 avril 2026 | 20:00 |
| Ascendant | mercredi 20 mai 2026 | 01:00 |
| Descendant | mardi 16 juin 2026 | 06:00 |
| Ascendant | lundi 13 juillet 2026 | 11:00 |
| Descendant | dimanche 9 août 2026 | 16:00 |
| Ascendant | samedi 5 septembre 2026 | 21:00 |
Pourquoi les éclipses se produisent par saisons
Chaque année, la Terre et la Lune "croisent" l'écliptique en deux occasions, lorsque le Soleil passe proche de l'un des nœuds lunaires. Autour de chaque passage, une "saison d'éclipses" dure environ 34 à 38 jours, période pendant laquelle les nouvelles lunes et pleines lunes qui se produisent donnent des éclipses. Il y a donc deux saisons d'éclipses par an, séparées d'environ six mois, et chacune peut donner de zéro à deux éclipses lunaires et solaires.
En pratique, une année donnée comporte entre deux et quatre éclipses lunaires et solaires, parfois jusqu'à sept. Certaines années, comme 2022, n'ont que deux éclipses solaires et aucune lunaire visible de l'hémisphère nord ; d'autres, comme 2026, ont trois éclipses lunaires dont deux totales. La combinaison exacte dépend de la position des nœuds à ce moment de la précession de 18,6 ans.
La prochaine éclipse lunaire totale visible de France est le 3 mars 2026 : la page éclipse lunaire donne le calendrier complet de 2024 à 2030, et la page apogée et périgée explique comment la distance lunaire module l'intensité de chaque éclipse.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un "nœud" lunaire ?
Les deux points où l'orbite de la Lune croise le plan de l'écliptique (le plan de l'orbite terrestre autour du Soleil). Un nœud est "ascendant" si la Lune passe de l'hémisphère sud à l'hémisphère nord de l'écliptique, et "descendant" dans l'autre sens. Ce sont les seuls points où le Soleil, la Terre et la Lune peuvent se trouver parfaitement alignés, et donc les seuls où une éclipse peut se produire.
Pourquoi n'y a-t-il pas d'éclipse à chaque pleine lune ?
Parce que l'orbite lunaire est inclinée de 5 degrés sur l'écliptique. La plupart des pleines lunes se produisent quand la Lune est au-dessus ou en dessous du plan, et son ombre passe alors au-dessus ou en dessous de la Terre. Une éclipse lunaire exige que la pleine lune coïncide avec un passage par un nœud, ce qui n'arrive que lorsque le Soleil est lui-même proche de l'un de ces nœuds : d'où les "saisons d'éclipses", deux par an.
La précession nodale a-t-elle un effet observable ?
Oui, indirectement : elle détermine quelles années seront riches en éclipses et lesquelles ne le seront pas, et elle est à l'origine de la structure en "familles" du calendrier des éclipses. Le cycle de Saros (18 ans et 11 jours) est lui-même lié à cette précession : c'est la période après laquelle les nœuds, la distance lunaire et la phase se reproduisent à la fois, produisant une éclipse quasi identique.